An Aelbrecht

Innover dans le secteur des soins de santé

An Aelbrecht contribue au développement du groupe Unique depuis 22 ans. Aujourd’hui CEO, elle dirige trois entités : Unique, Unique Career et Express Medical, spécialisée dans les soins de santé. L’entrepreneuriat est inscrit dans ses gènes : ses parents tenaient un magasin de fleurs. « Ce n’était pas facile, mais cela m’a appris le sens des responsabilités et l’importance de savourer les petites victoires. » 

Si elle se destinait au départ à la psychologie, c’est dans celle du travail et des organisations qu’elle a trouvé sa voie. Lors de son stage dans un cabinet de chasseurs de têtes, elle s’est découvert une passion pour les entretiens et le recrutement. Elle a entamé sa carrière chez Unique. « J’ai été séduite par l’approche bidirectionnelle de l’entretien d’embauche. Il était question de mes compétences, mais aussi de qui j’étais. Cela m’a semblé juste. » An peut aujourd’hui se targuer d’une carrière solide, au cours de laquelle elle a su saisir les opportunités. « Ma motivation réside dans la combinaison du contact avec les gens et de l’obtention de résultats. Aider quelqu’un à trouver un bon job procure une énorme satisfaction. Ne pas aimer ce que l’on fait finit, en effet, par peser sur l’existence entière. Nous pouvons vraiment faire la différence à cet égard. »

« La flexibilité et la sécurité semblent être des notions diamétralement opposées, mais elles peuvent parfois aller de pair. »

Quelle est la mission d'Express Medical ?

An Aelbrecht : « Nous déchargeons les établissements de soins en mettant à leur disposition du personnel qualifié et motivé. Le secteur est en pleine mutation et la réglementation est complexe. Nos systèmes sont adaptés en conséquence et nos collaborateurs ont tous un lien avec le secteur des soins de santé. Ils parlent le même langage que les prestataires de soins et les institutions. Notre mission consiste à établir des liens durables entre les personnes qui recherchent un travail porteur de sens et les organisations qui recherchent un accompagnement fiable. »

Pourquoi avoir adopté le système d'intérim à durée indéterminée ?

An Aelbrecht : « L'idée est venue de Federgon, qui souhaitait tester le concept. Nous avons immédiatement adhéré. L'intérim est souvent associé à des solutions à court terme, mais pour constituer un pool durable de professionnels de la santé, il faut offrir de la stabilité — donc un contrat fixe. Le project sourcing ne convient pas juridiquement, car il ne garantit pas un contrôle direct sur le terrain. Avec l'intérim à durée indéterminée, on allie flexibilité et sécurité. Cette formule séduit de nombreux professionnels de santé, notamment les jeunes, désireux de rester maîtres de leur carrière, de varier les expériences et de bénéficier d'un revenu stable. »

Quel est l'impact de l'intérim à durée indéterminée sur le marché du travail ?

An Aelbrecht : « Ce modèle innovant n'est pas encore très répandu, mais a un bel avenir. La flexibilité et la sécurité semblent être des notions diamétralement opposées, mais elles peuvent parfois aller de pair. L'intérim à durée indéterminée en est un exemple : une formule innovante au fort potentiel de développement. Nous envisageons de l'étendre aux techniciens et aux ouvriers.

Attention : cette formule ne convient pas à tout le monde. 80 % de nos intérimaires optent finalement pour un poste fixe chez un seul employeur. Mais pour ceux qui recherchent une flexibilité assumée, c'est une bonne alternative. Nous proposons d'ailleurs un parcours de formation pour les accompagner au mieux. »

Quel regard portez-vous sur la technologie et la numérisation ?

An Aelbrecht : « La technologie doit lever les obstacles, pas en créer. Nous offrons des outils de pointe, sans jamais les imposer. Un client préfère le papier ? Très bien. Un intérimaire veut ses fiches de paie par e-mail ? Aucun problème. La technologie nous aide à établir des mises en relation objectives, basées sur les compétences, diplômes et expériences. Mais nos collaborateurs tiennent aussi compte de critères subjectifs, comme la compatibilité culturelle. Chaque candidat est rencontré en personne, chaque client visité en amont. Nous restons délibérément "old school", à cet égard. »

 

 « On n’évolue pas quand tout est simple. Ce sont les défis qui nous font grandir. »

Qu'en est-il de l'IA ?

An Aelbrecht : « Nous utilisons l'IA dans un environnement sécurisé, via des chatbots et des prompts intelligents. L'IA est déployée à grande échelle chez nous. Je suis moi-même une grande adepte de cette technologie, à condition qu'elle reste un outil. Vous devez préserver votre âme et votre individualité. La technologie apporte un soutien, mais le contact humain reste essentiel. »

Quelle est votre vision de l'entrepreneuriat ?

An Aelbrecht : « Entreprendre, c'est oser se lancer et créer quelque chose soi-même. Cette vision me vient de mes parents. Je travaillais souvent dans leur magasin de fleurs pendant les vacances et j'ai gardé ce sens des responsabilités. Quand on endosse un nouveau rôle (au sein de l'entreprise ou en dehors), on repart à zéro. C'est ainsi qu'on progresse. On n'évolue pas quand tout est simple. Ce sont les défis qui nous font grandir. C'est là qu'on apprend le plus. Entreprendre, c'est aussi oser mettre haut la barre. Si vous n'atteignez pas votre objectif, cherchez à savoir comment vous améliorer. Et n'oubliez pas de célébrer vos succès. »

Quel conseil donneriez-vous aux futurs entrepreneurs ?

An Aelbrecht : « Restez fidèle à votre passion. Vous ne tiendrez pas si vous n'êtes pas passionné par ce que vous faites. Ne laissez pas le doute vous freiner : l'entrepreneuriat est un chemin sinueux, pas une ligne droite. Lancez-vous. Entourez-vous de personnes fiables. Vous pourrez assumer votre rôle de gardien de la vision et de motivateur de votre équipe. »

Avez-vous un message à adresser aux responsables politiques ?

An Aelbrecht : « Je plaide pour un cadre juridique clair en ce qui concerne l'intérim à durée indéterminée. Engageons le dialogue avec Federgon, les établissements de soins et les prestataires, afin de garantir une réglementation réaliste. Federgon ne lésine pas sur les efforts, mais il faut réduire les obstacles et accroître la sécurité juridique pour étendre ce modèle innovant. »