Le débat sur la maladie de longue durée occupe une place importante à l'agenda. C'est compréhensible : de nombreuses personnes tombent encore en incapacité de longue durée et les coûts sociétaux sont considérables. Mais dans ce débat sur les chiffres, les responsabilités et les contrôles, un facteur crucial reste souvent sous-exposé : les personnes derrière les chiffres.
Pour beaucoup de malades de longue durée, la distance par rapport au marché du travail n'est pas uniquement d'ordre physique ou médical. L'incertitude, une perte de confiance en soi, la peur de l'échec ou des circonstances personnelles complexes jouent souvent également un rôle. Un retour réussi à l'emploi exige donc davantage que du contrôle et des règles. Il nécessite un accompagnement personnel, une perspective et une approche sur mesure.
Le travail aide à se rétablir
Travail et rétablissement sont encore trop souvent considérés comme des contraires. Pourtant, ils peuvent se renforcer mutuellement. Un travail adapté, une reprise progressive ou une nouvelle orientation de carrière peuvent redonner aux personnes de la structure, des contacts sociaux et de la confiance en soi. Le travail n'est pas nécessairement le point final du rétablissement, mais peut en constituer une composante importante.
De plus, un retour au marché du travail commence rarement par un emploi à temps plein. Il débute souvent par un entretien, l'exploration des possibilités ou un premier pas réalisable, comme suivre une formation. C'est précisément là qu'un accompagnement professionnel sur mesure fait la différence.
L'accompagnement fonctionne
La Belgique dispose d'un large réseau de prestataires RH privés possédant une expertise en accompagnement de carrière et en réintégration. Ils accompagnent quotidiennement des personnes qui étaient temporairement ou durablement absentes du travail et les aident à retrouver des perspectives.
La capacité ne fait pas non plus défaut. Le Fonds Retour au Travail prévoit aujourd'hui un financement pour environ 12.000 trajets d'accompagnement. Le secteur privé dispose en outre d'une capacité estimée à 50.000 trajets par an. Le défi consiste donc à mieux atteindre les personnes qui en ont besoin.
Les premiers chiffres des trajets d'accompagnement via le Fonds Retour au Travail sont encourageants. Un tiers des personnes ayant suivi un trajet font ensuite effectivement des pas vers l'emploi.
Un obstacle important reste l'incertitude que ressentent de nombreux malades de longue durée. Beaucoup craignent qu'une tentative de retour au travail n'ait des conséquences sur leur allocation en cas d'échec. Cette peur a un effet paralysant. Pourtant, la réintégration se déroule rarement en ligne droite. Les personnes doivent avoir la possibilité d'essayer, d'ajuster et d'avancer pas à pas.
Du contrôle à l'accompagnement
Dans les années à venir, le défi consistera à orienter systématiquement les malades de longue durée ayant un potentiel de travail vers des trajets d'accompagnement personnel. Personne ne peut disparaître du champ de vision pendant des années sans qu'on examine quelles possibilités subsistent. Seule une approche humaine porte ses fruits.
Parallèlement, tant les personnes ayant besoin d'accompagnement que les employeurs doivent pouvoir trouver facilement leur chemin vers le bon soutien. Avec Guide-me.be, il existe déjà aujourd'hui une plateforme accessible qui met les utilisateurs en contact avec des spécialistes agréés en carrière et en réintégration.
Particuliers et employeurs peuvent y trouver un accompagnement sur mesure, des informations sur les questions de carrière et un soutien pour un trajet de réintégration. Ceux qui souhaitent également faire appel aux possibilités du Fonds Retour au Travail y trouvent les informations nécessaires ainsi qu'un partenaire d'accompagnement adapté.
L'expertise est présente, la capacité existe et les instruments sont là. Le véritable défi est de veiller à ce que les personnes trouvent effectivement le chemin vers le bon accompagnement. Car derrière chaque malade de longue durée se cache quelqu'un avec des talents, des possibilités et des ambitions. C'est précisément là que commence un retour durable à l'emploi.

