Luc Leclercq

De militaire à citoyen : refaire carrière après l'armée

Dans l'univers de la prestation de services RH, une entreprise sort du lot par son histoire et sa mission uniques : celle de Luc Leclercq, ancien officier à la Défense et fondateur d'exMil2Civ. Il a fondé son entreprise il y a 2 ans, avec un but clair : aider les anciens militaires à refaire carrière en dehors de la Défense. Son parcours – caractérisé par une expérience internationale et la coordination en situations de crise, comme les inondations en Wallonie ou l'évacuation d'Afghanistan – constitue la base idéale pour son entreprise actuelle. exMil2Civ est bien plus qu'un prestataire de services RH classique, il relie deux mondes qui ne se rencontrent presque jamais naturellement, mais qui peuvent pourtant se renforcer : les marchés de l'emploi militaire et civil. Grâce à sa connaissance approfondie de la Défense et à son réseau étendu, Luc voit chaque accompagnement comme une mission personnelle. Comme il le dit : « Ma motivation est simple : je veux aider. Parce que je sais ce que valent ces gens. »

"Ma devise ? Success is when opportunity meets preparation."

 

Qu'est-ce qui vous a poussé à fonder exMil2Civ ?

Luc Leclercq : « Je suis un produit de la Défense. J'y ai passé toute ma carrière, de l'école militaire à Bruxelles à ma pension à l'âge de 56 ans. Toutes ces années, j'ai vu à quel point la Défense investit dans son personnel, tant en termes de compétences que de formation. J'ai aussi remarqué qu'après avoir quitté la Défense, il y a un grand vide : nombre d'ex-militaires qui veulent rejoindre le marché de l'emploi civil ignorent souvent leur valeur et comment trouver un métier qui a du sens. Je voulais y remédier. »

Pourquoi une plateforme distincte est-elle nécessaire ?

Luc Leclercq : « La Défense est un environnement à part, avec une structure fixe, une culture à part et un jargon à part. Les militaires parlent véritablement une autre langue. Les acteurs classiques du marché du travail ne comprennent pas ce jargon. Si je dis que quelqu'un était « chef de section du 11e Génie », cela ne dira rien à un non-initié, mais moi, je sais ce que ça implique et connais les capacités de cette personne. Je suis une sorte de traducteur entre le contexte militaire et la société civile. »

Que fait exMil2Civ exactement ?

Luc Leclercq : « Je propose une orientation professionnelle sur mesure. Je peux aider à rédiger un CV, à préparer des entretiens d'embauche, à devenir indépendant... Je joue les entremetteurs. Il convient de noter que je travaille sur base de la confiance : avec le candidat comme avec les entreprises. Je ne collabore qu'avec des employeurs qui comprennent et apprécient vraiment la plus-value d'une carrière militaire. Nombre d'entreprises auxquelles j'ai affaire sont actives dans l'industrie de la défense. Il y en a aussi d'autres qui n'ont rien à voir avec la Défense, mais qui s'intéressent aux anciens militaires en raison de leur capacité à travailler en groupe, à diriger, à prendre des initiatives, etc. »

Comment décririez-vous la culture militaire ?

Luc Leclercq : « La Défense est une petite communauté soudée où priment des valeurs comme l'intégrité, le respect et l'engagement collectif. Votre mission passe avant vous. Cela crée une mentalité "frères d'armes". Les militaires ont l'habitude de travailler en équipe, de devoir être flexibles, de prendre des initiatives et leurs responsabilités. Chaque individu joue un rôle clé dans un ensemble plus vaste, au même titre que sur un bateau ou lors d'une mission aérienne. Cet esprit d'équipe et ce sens du devoir profondément enracinés sont indissociables de l'ADN militaire et renforcent la valeur des ex-militaires sur le marché de l'emploi civil. »

"Nombre de militaires partent en retraite et se demandent alors seulement ce qu'ils vont faire ensuite. Ils auraient dû y penser avant. Il importe toujours d'être bien préparé. Car si vous êtes préparé et que l'occasion se présente, vous pouvez foncer."

Les ex-militaires envisagent-ils vraiment une deuxième carrière ?

Luc Leclercq : « Pas tous. Certains veulent juste du calme et passer du temps en famille. Mais nombre d'entre eux veulent encore apporter leur contribution, ils ignorent simplement comment faire. Beaucoup de militaires pensionnés (encore jeunes) hésitent aussi à devenir indépendants, par peur de l'inconnu. Je leur apporte mon aide. »

Comment voyez-vous la valeur sociale des ex-militaires ?

Luc Leclercq : « Dans des pays comme les États-Unis, les vétérans jouissent d'une grande reconnaissance. En Belgique, c'est moins le cas. Les militaires se sont pourtant énormément investis, mentalement et professionnellement. Nous devrions reconnaître davantage leur engagement social, en intégrant par exemple des critères ESG. Un ancien militaire n'est pas un travailleur classique, c'est quelqu'un qui avait des responsabilités dans des conditions complexes. »

Quel est votre impact sur le marché du travail ?

Luc Leclercq : « Mon entreprise est encore jeune, mais je fais la différence pour chaque ex-militaire que j'aide. Et je propose à chaque entreprise qui fait appel à moi des talents souvent négligés. C'est un triplé gagnant : pour le candidat, l'entreprise et la Défense. »

Avez-vous un message pour les responsables politiques ?

Luc Leclercq : « Certainement. Tout d'abord, accordez à la Défense la stabilité dont elle a besoin après des années de démantèlement. Ensuite, soutenez ceux qui ont contribué, même après leur carrière active. Enfin, encouragez la collaboration entre la Défense et l'industrie. Permettez-leur de partager des connaissances, d'échanger du personnel. C'est la clé de l'avenir. »

Et un dernier mot pour les anciens militaires ?

Luc Leclercq : « Ayez conscience de votre valeur. Vous avez été bien formé dans un environnement unique. Votre carrière à la Défense a fait de vous un diamant brut. Les entreprises civiles cherchent cette combinaison de leadership, d'esprit d'équipe et de fiabilité. Exploitez vos talents. »